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Reprise des activités progressive chez FAYAT BATIMENT Côte d’Azur - Retour d'expérience sur le chantier test en PACA

  • 10 juin 2020
Campus Sud des Métiers à Nice (06) : c'est le premier chantier que Fayat Bâtiment Côte d’Azur a choisi de redémarrer, dès le 21 avril, pour tester ses mesures de prévention face à la pandémie. Campus Sud des Métiers à Nice (06) : c'est le premier chantier que Fayat Bâtiment Côte d’Azur a choisi de redémarrer, dès le 21 avril, pour tester ses mesures de prévention face à la pandémie. copyright : Fayat Bâtiment Côte d'Azur

Durant la crise sanitaire, la Division FAYAT Bâtiment, acteur majeur du BTP en France, a réalisé un important travail de réflexion pour protéger la santé de ses collaborateurs et de leurs proches. Retour d'expérience en région avec Benoit Karcher, animateur QSE, et Clément Bechet, Chef de Groupe Travaux, en charge du chantier test dans le Grand Est pour l’agence FAYAT BATIMENT Côte d’Azur.

Quels ont été les impacts du Covid-19 sur l’activité de l’agence FAYAT BATIMENT Côte d’Azur ?

Benoit Karcher : Dès le 16 mars, nous avons décidé de mettre en sécurité l’ensemble de nos sites, matériels et engins en vue d’une décision de confinement. Dès le début du confinement (17 mars), la Direction QSE de la Division FAYAT Bâtiment a organisé une visioconférence plusieurs fois par semaine au niveau national avec les 15 QSE représentants les 25 agences et filiales en France. Nous avons fait le point sur la situation et les différents sujets pour préparer les conditions de reprise en lien avec des représentants de nos services de santé au travail.

Quelle a été votre stratégie pour préparer une reprise des opérations en sécurité ?

BK : Développer un travail de réflexion collectif en amont avec l’ensemble de nos services, les managers, salariés et IRP. Avec notre médecin du travail, nous avons défini des protocoles de sécurité et validé une démarche de prévention, les EPI, etc. Dès la parution du guide de l'OPPBTP en avril (« Préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction en période d'épidémie Covid-19 », 10.04.2020), nous avons pu vérifier si nos mesures les respectaient, ou allaient au-delà. Nous avons fait le choix d'une reprise progressive, sur plusieurs semaines, en intégrant nos personnels en priorité. À partir du 21 avril, un chantier test a redémarré dans chaque agence régionale ou filiale, avec des configurations différentes, en corps d'état ou gros œuvre, pour tester nos méthodes.

Pourquoi avoir choisi le chantier test du Campus Sud des Métiers à Nice ?

Clément Bechet  : Ce chantier nous tenait à cœur. Situé au pied de notre siège à Nice, c'est un Grand Projet de la Division, et aussi une opération en production propre En plus, nous étions encore en phase de démarrage, une configuration plus adaptée à la mise en œuvre des mesures Covid-19.

BK : En phase de terrassement, à ciel ouvert, le chantier du Campus n'était pas confiné. Il avait plusieurs accès, qui ont permis de séparer les activités : une zone gros œuvre pour notre personnel, une zone pour le terrassement et une zone pour les fondations spéciales côté sous-traitants. Ce zonage supprime les risques de contamination liés à la coactivité. Initialement le fondeur avait déjà son propre bungalow. Nous avons installé 2 bungalows supplémentaires au terrassier pour qu'ils soient seuls dans leur zone. Chez les sous-traitants, seul le ferrailleur a été intégré dans nos rotations au niveau de la base vie et du réfectoire.

Parmi les mesures de prévention que vous avez mises en place, quels sont les équipements de protection individuelle (EPI) obligatoires à présent ? 

BK : Le port de lunettes de protection, d'un masque FFP1 (de type « chirurgical » ou de protection supérieur) et de gants usuels de travail, à nettoyer régulièrement avec du gel hydro-alcoolique. Des flacons sont disposés dans tous les endroits sans point d'eau. Sur le chantier, nous avons installé des sanitaires supplémentaires, avec un point d'eau et du savon. Une visière intégrale a également été ajoutée sur chaque casque, pour tous les salariés.

Les flux de circulation ont-ils été modifiés ?

CB  : Le contrôle d'accès a été renforcé, avec l'ajout d'un bungalow supplémentaire pour l'accueil du personnel (salariés, intérimaires, sous-traitants). Matin et midi, un gardien est présent pour contrôler les entrées via ce bungalow et le lavage des mains (devenu obligatoire avant d’entrer à la base vie). Il remplit aussi un tableau de suivi en demandant aux personnes s'ils ont pris connaissance du questionnaire santé OPPBTP (auto-diagnostic de symptômes inhabituels). On l'a affiché en grand à l'accueil et il est remis aux nouveaux arrivants et intérimaires.

BK : La base vie (150 m2) a été réaménagée : sens de circulation unique (entrée et sortie séparées), et capacité d'accueil divisée par 3, avec un roulement pour limiter à 15 personnes (au lieu de 45 personnes). 3 groupes ont été créés, de 3 couleurs, pour 3 roulements espacés d'½ heure. Concrètement, la 1ère équipe arrive à 7h00 (une quinzaine de personnes), elle se présente dans le sas d'accueil, puis rentre dans la base vie pour se changer et mettre ses EPI ; ensuite elle se relave les mains et part travailler. Les équipes n°2 et 3 arrivent à 7h30 et 8h00 et suivent le même protocole.

Qu'avez-vous entrepris au niveau de l'organisation des repas et du nettoyage ?

BK : Il n'y a pas de service de restauration sur place, ni frigo. Les salariés apportent leur gamelle froide ou leur propre glacière et s'installent en décalé dans le réfectoire où la capacité d'accueil a été réduite à 16 personnes maxi (au lieu de 50 personnes). Il n'y a plus que 8 tables en diagonale où l'on mange à 2 (au lieu de 4 ou 5). Deux agents de nettoyage se relaient toute la journée 7h-19h pour désinfecter la base vie et le réfectoire. Ils suivent les groupes aussi, pour repasser après, désinfecter les poignées, bancs, tables, etc. L'entreprise de nettoyage travaille désormais à demeure sur le chantier.

Une communication particulière a-t-elle été créée avec les salariés ?

BK : Avant la reprise, nous avons diffusé un livret d'accueil Covid-19 à nos salariés, à la fois pour les rassurer sur notre organisation et pour prendre en compte leurs observations. Un accueil spécial a été organisé au moment de la reprise : sensibilisation aux gestes barrières, on leur montre comment nettoyer les gants ou porter un masque FFP1, organisation des roulements, les accès limités, etc. Le livret d'accueil reprend tous ces éléments. Ce dispositif est également réservé aux intérimaires et aux responsables sous-traitants, charge à eux de transmettre à leurs équipes. Tout le monde est soumis aux mêmes règles sur le chantier.

CB : Un référent Covid-19 est nommé sur chaque chantier et pour chaque entreprise sous-traitante, à qui on demande un contact. Il doit s'assurer que les EPI sont en nombre suffisant, sensibiliser le personnel, alerter en cas de symptôme ou de contamination... En cas de confirmation de contamination, nous informerons l'ensemble des personnes qui ont été en contact et nous suivrons les directives des services de santé au travail.  Nous n'avons pas mis en place de test de dépistage ni de prise de température.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont appuyé dans cette démarche ?

BK : La Directrice QSE de la Division est basée à Nice. Elle a échangé avec les services de la Carsat Sud-Est et nous nous sommes appuyés sur le guide OPPBTP pour élaborer notre boite à outils de reprise. Certains éléments ont été conçus en concertation avec le médecin du travail (masques, gants...). D'ailleurs, avant le redémarrage de chaque salarié, on suit son avis. En raison du secret médical, lui seul dispose des données de santé personnelles. On ne prend aucun risque.

CB : Tout le personnel s'est mobilisé. C'est une synergie de toute la chaîne de production qui doit redémarrer : bureaux de contrôle, maîtrise d'œuvre, bureaux d'études... Les déchetteries étaient fermées les premières semaines de confinement, on a perdu beaucoup de temps et on a dû changer nos modes opérationnels, en ciblant les matériaux de manière à les recycler à 100%, ceci pour éviter un déplacement des charges. Certains fournisseurs avaient fermé en France, en Italie ou en Espagne... Nous avons dû revoir nos choix. Certaines opérations n'ont pas pu être réalisées, alors on les a prévues différemment. Si l'électricien ne reprend pas, on est bloqué. Le ferrailleur a repris une semaine plus tard : on a substitué son activité avec nos personnels qualifiés pendant une semaine. Etc.

Quels messages voulez-vous faire passer aux entreprises qui appréhendent la reprise d’activités ? 

BK : S'équiper avec de bons EPI et revoir l'organisation quand c'est possible, suivant l'avancement du projet. Sur les chantiers en corps d'état et en milieu confiné, il y a plus de monde, et donc les risques de contact sont plus nombreux. Même si on arrivera toujours à les gérer, on perdra en productivité. Il faudra faire travailler les corps d'état par zone, un par un, pour supprimer la coactivité... En termes d'hygiène, le nettoyage à demeure est un vrai plus. 

CB : Des coûts supplémentaires vont être engendrés par les pertes de production, les EPI spécifiques, et tous les aménagements nécessaires... Ce coût n'est pas neutre. Il rend le chiffrage des opérations difficile actuellement.

Et après, comment envisagez-vous la reprise des autres opérations en PACA ?

BK : Pour l'instant cette organisation fonctionne, même si nous redoutons un peu le port du masque par forte chaleur... Deux autres chantiers ont rouvert en mai ; on espère ouvrir tous nos chantiers d'ici début juin. La mise à jour de ces nouvelles règles dans le PGC* est un préalable au PPSPS*. Pour la plupart de nos grosses opérations, il est organisé un CISSCT* extraordinaire Covid-19 qui réunit tous les acteurs avant le redémarrage : MOA, MOE, CSPS, toutes les entreprises concernées, la Direccte et la Carsat. 

Mais, au-delà du COVID-19, nous devons tous rester absolument mobilisés pour préserver la démarche de prévention sur nos chantiers contre les risques de chute, de heurts, de TMS, électriques, chimiques, machines et engins, etc.

* Plan général de coordination (PGC), Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) , Collège interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail (CISST)

Pour en savoir +

1/ Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction-Covid-19 de l’OPPBTPOuvrages - Ref. H5 G 02 20 - Mise à jour le 28/05/2020

2/ Fiche Maître d’Ouvrage COVID -19 - Mesures de prévention sur les chantiers - Carsat Sud-Est

3/ Fiches conseils métiers et guides des organisations professionnelles secteur BTP, construction, matériaux - DGT

4/ Sécurité et santé des travailleurs : les obligations générales de l’employeur et sa responsabilité - Publié le 20.04.20 mise à jour le 01.05.20 - Ministère du Travail

5/ Une subvention pour aider les TPE et PME à prévenir le Covid-19 au travail - 05 juin 2020

 

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