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Conteneurs : un groupe de travail réfléchit à des solutions de détection et de ventilation

  • 31 août 2018
Le 3 juillet, Environnement Services a présenté son prototype de ventilation de conteneur en réalité virtuelle à la Carsat Sud-Est. Le représentant d'une entreprise de logistique, muni d'un casque VR, se dirige dans un entrepôt virtuel pour aller tester ce système dans un camion à quai (pc à g.). Le 3 juillet, Environnement Services a présenté son prototype de ventilation de conteneur en réalité virtuelle à la Carsat Sud-Est. Le représentant d'une entreprise de logistique, muni d'un casque VR, se dirige dans un entrepôt virtuel pour aller tester ce système dans un camion à quai (pc à g.). Copyright : Nicolas Brizé

Dans les secteurs logistique et portuaire, l'ouverture et le dépotage des conteneurs exposent les salariés à des risques chimiques. La Carsat Sud-Est a mis en place un groupe de travail avec les professionnels du secteur. Un système de ventilation est à l'étude.

A l’origine de cette étude début 2013, les douaniers des ports du Havre et de Marseille ont mis la puce à l'oreille des services de prévention : les conteneurs qui arrivent en masse, de pays souvent lointains, peuvent dégager des gaz toxiques. Ils sont ensuite acheminés par camion vers des plateformes logistiques. Lors de l'ouverture du conteneur et du dépotage des cartons, les manutentionnaires sont directement exposés aux gaz. Deux réunions d’information, organisées par l’INRS, ont été proposées en Octobre 2016, au Havre et à Marseille, afin de réfléchir autour de cette problématique de prévention du risque chimique lié à l’ouverture des conteneurs.

Une zone mutualisée de contrôle de toxicité

« Au Grand Port Maritime de Marseille, les deux acconiers de Fos concernés par l’activité conteneurs, EUROFOS et SEAYARD étudient actuellement la mise en œuvre d’une zone mutualisée qui serait dédiée au traitement et à la métrologie des conteneurs », indique Jean-Claude STEFANI, ingénieur conseil, Carsat Sud-Est.

Actuellement à titre expérimental, c'est l'entreprise marseillaise Environnement Services,  spécialisée dans le traitement phytosanitaire, qui réalise ces contrôles de toxicité sur le terminal d’un des acconiers.

Guillaume CHANTRY, son directeur général : « Chaque contrôle, directement sur châssis, durerait entre 5 et 10 mn. Des étiquettes de couleurs seraient délivrées suivant la Valeur Limite d'Exposition Professionnelle (VLEP) : moyenne (verte), supérieure à la VLEP (orange), très supérieure (rouge), tête de mort (danger). »

Ce couloir de contrôle mutualisé garantirait une logistique fluide et une information tracée sur le risque chimique, pouvant aboutir à :

  • des mesures complémentaires de sécurité,
  • la ventilation forcée,
  • le dépotage par des professionnels avec masque de protection,
  • la consignation du conteneur si cela était nécessaire.

En 2018, 6 salariés ont dû être hospitalisés lors du dépotage d'un conteneur sur une plateforme logistique à Saint-Martin-de-Crau. En cause : le phorate, un pesticide organophosphoré prohibé en Europe. L'activité a été stoppée.

Les 2 grandes familles de polluants

  • Les gaz issus d'un traitement par fumigation (insecticide, fongicide, antibactérien....) : phosphine, cyanure d’hydrogène, fluorure de sulfuryle,... peuvent provoquer des troubles immédiats (irritation, nausées, vertiges...) et des troubles musculaires et cognitifs à plus long terme.
  • Les gaz relargués par les marchandises dans les cartons (colles, cuirs, matériaux de bricolage, bibelots...) : formaldéhyde, oxyde d’éthylène... certains sont cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques. L'effet cocktail des Composés Organiques Volatils (COV) est imprévisible. Le relargage est permanent et la chaleur peut amplifier ce phénomène.

Même à faible dose, des expositions répétées peuvent provoquer des maladies professionnelles (atteintes neurologiques, cancers...).

Comment mesurer la pollution ?

En principe, l'étiquetage est obligatoire pour indiquer la nature des produits dangereux. Mais c'est rarement respecté, tout comme les règles de sécurité en lien avec les opérations de fumigation.

« Il existe des appareils de mesure portables, très simples d'utilisation, pour détecter les COV et autres gaz », observe Laurent Fina, Laboratoire interrégional de Chimie, Carsat Sud-Est (LIRC).

  • le détecteur à lecture directe PID (par photoionisation),
  • le détecteur PID multigaz, jusqu'à 6 capteurs électrochimiques embarqués pour détecter les produits toxiques les plus courants : formaldéhyde, oxyde d’éthylène, ammoniaque, chlore...
  • Pour des analyses plus fines, un chromatographe portable sera bientôt mis sur le marché.

! Attention à bien positionner les sondes à différents endroits dans le conteneur.

L'information du salarié

Olivier TROJANI, contrôleur de sécurité, Carsat Sud-Est, propose une première mesure : « lister tous les produits toxiques sur une affiche pour que les salariés puissent les repérer visuellement en cas de présence dans le conteneur » Le marquage tête de mort doit alerter l'opérateur. Pour la phosphine, ce sera la photo d'un sachet de poudre blanche, ou des pastilles ; le phorate, encore utilisé en Inde comme insecticide, ressemble à un « paquet de chips » ; etc.

Un groupe de travail expérimental pour s'adapter aux contraintes des entrepôts

n41 bp photo 1La Carsat Sud-Est et son Laboratoire Inter-Régional de Chimie ont décidé d'associer à la réflexion les entreprises de logistique de 3 secteurs : Miramas, Fos-sur-Mer, Saint-Martin-de-Crau.

Objectif : détecter les conteneurs « pollués » puis mettre en place des mesures pour réduire l’exposition lors de l’ouverture et du dépotage.

Olivier TROJANI : « Ces temps d'échange avec les entreprises visent à identifier des méthodes de contrôle des conteneurs pour évaluer le risque chimique et identifier des mesures pour réduire l'exposition aux gaz toxiques lors du dépotage. Des solutions mutualisées pourront être envisagées. »

Un système de ventilation est à l'étude

n41 bp photo 2Lors de la première réunion le 3 juillet, Environnement Services a présenté son prototype :

  • Un portique mobile, équipé de diffuseurs d'air, qui se fixe facilement sur le conteneur à quai.
  • Au moment où le salarié dépote dans le conteneur, les diffuseurs soufflent de l'air sous pression au niveau de ses voies respiratoires.
  • L'air est aspiré par des grilles d'aspiration au sol, puis rejeté à l'extérieur.
  • L'apport d'air neuf dans le conteneur réduit l'exposition aux gaz toxiques et augmente le confort thermique.

Les entreprises ont pu réagir à chaud

Une évaluation des risques est tout de suite apparue nécessaire pour dimensionner les besoins en regard de plusieurs questions : quel nombre de conteneurs à contrôler par jour ? Comment procéder aux mesures ? Doit-on refaire cette évaluation pour chaque nouveau produit ? Et quelles sont les VLEP ? Par cette dernière question, la réponse est immédiatement disponible en page 11 de la brochure INRS ED 6249 (téléchargeable en fin d'article).

Des questions d'ordre organisationnel et technique ont également été soulevées :

  • Doit-on prévoir des couloirs de contrôle ou un parking pour les camions, afin que les tractionnaires ne perdent pas de temps ?
  • Est-il possible de mutualiser le contrôle entre les entreprises d'un secteur ?
  • Peut-on déplacer le portique d'un dock à un autre ? Comment brancher la batterie d'alimentation sur 220 V. Etc… ?

Toutes ces réflexions vont permettre de faire évoluer le cahier des charges du prototype afin de continuer à intégrer les contraintes des entreprises. Dans tous les cas, une visite du fournisseur sur chaque site sera nécessaire.

En savoir plus

ED 6249 : Ouvrir et dépoter un conteneur en sécurité, INRS, 2016.

Agents chimiques CMR, dossier INRS.

318 fois Dernière modification le 03 septembre 2018
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